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Sous l'éclat impur des néons. * Abe.

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Curve
Désaxé chronique.
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Féminin Messages : 152
Date d'inscription : 15/02/2010

MessageSujet: Sous l'éclat impur des néons. * Abe. Mer 8 Déc - 23:54



    Crazy baby, the spirit of the motion
    Dont wont let me feel devotion, and every day
    I'll always love you
    Baby, so let me see the fire
    Better step a little higher
    And every day i keep on moving

    musique, maestro !



Ses doigts se posèrent sur la porte coulissante et vitrée de la grande surface, alors qu’il se damnait volontairement, pénétrant a reculons dans le monde de la décadence luxueuse qu’il haïssait plus encore que l’Orphelinat. S’y côtoyaient ses démons intérieurs, les êtres, les choses et les faits qui d’ordinaire le faisaient fuir comme un lapin de garenne, pas peu fier de sa promptitude a esquiver purement et simplement ce qui composait son Angoisse, sa hantise, assumant sans complexes les choses qu’il aurait radié du globe si encore il avait pu.
Curve n’avait de toute façon, pas de complexes.

Dans un chuintement atroce qui ne fit douter un bref instant de sa témérité feinte, la porte s’ouvrit, dévoilant à ses yeux bicolores les allées souillées par l’Homme du bâtiment déteste. Et bien qu’il fut encore très tôt, et que l’Avaleuse d’humains ne soit ouverte que depuis quelques minutes – autant dire presque avant l’aurore – le monde se précipitait déjà vers sa potence, trop heureux de pouvoir mettre un mot sur leur matérialisme chronique.
La porte se referma sur les talons du cendré, sonnant comme un glas, comme la chaîne qu’il resserrait a son cou.
Esquivant avec une agilité volontaire les passants, poussettes et autres bipèdes a la mine endormie ou stressée, il accéléra le pas, hantant les corridors bruyants et d’où il distinguait avec fatalisme les notes aigrelettes d’une chanson a la mode répétée en boucle. Le refrain pulsait, les notes s’envolaient, métalliques et agressives, alors qu’un remix électronique tachait d’incorporer une âme a la mélodie qui n’en était pas une.
Le loup s’arrêta, songeant un bref instant qu’il n’avait écouté que très rarement de musiques au cours de sa vie. Enfant, les seuls sons qu’il écoutait était le grondement paisible du lave linge, ou les rires d’enfants jouant dans la neige alors qu’ils les observait, derrière sa fenêtre. A l’orphelinat, la musique imposée était celle des conversations sans intérêt et des moqueries qui glissaient sur lui comme de l’eau sur une toile cirée. Quand a aujourd’hui … Il n’avait aucun moyen d’écouter de la musique, et décidait bien changer le cours du temps. En revanche il ne possédait aucune culture musicale. La seule chose qu’il savait, c’était qu’il n’aimait pas la musique qui faisait fureur chez les autres.
En réalité, il n’aimait pas ce qu’aimaient les autres.
Ce n’était pas plus compliqué.

Allongeant encore une fois de plus sa foulée, sans pour autant se mettre a courir comme un désespéré, il fila en coup de vent depuis les divers restaurants, et surtout le McDonarlds qui l’agressait de loin, lançant vers lui son odeur putride et nauséabonde. En passant juste devant, le gris eut la très nette et détestable impression de nager dans de l’huile, de se noyer dans une marée grasse et sirupeuse, au fumet répugnant qui lui retourna l’estomac.
Il avait trouvé une méthode infaillible si un jour il virait boulimique. Le simple fait de passer devant les stands prétendument gastronomiques lui arrachait d’insupportables douleurs gastriques. Depuis toujours, il mangeait peu, beaucoup trop peu. Presque exclusivement végétarien, même s’il ne dénigrait pas un bon morceau de viande cuit a point. Il passait parfois ses journées a grignoter des carottes comme certains dévoraient des chips, gardant un corps élancé et sculpté pour la vitesse quand d’autres entretenaient leur graisse. Il avalait une quantité innommable de fruits et de légumes sans assaisonnements ou souci d’hygiène, attrapait un chou fleur cru, montait sur un toit et le coupait du bout des doigts pour glisser ensuite dans sa bouche, les délicieuses boules croustillantes du légume opalin.
Sans doute avait-il trop mangé de produits de premier prix, lorsqu’il dépendait d’autres pour son alimentation. Au réfectoire de l’orphelinat, les cuisiniers produisaient de la quantité et non de la qualité. Il se rattrapait alors inconsciemment avec tout ce qui passait a portée de ses doigts, pourvu qu’il puisse le détruire ensuite a petits coups d’incisives fiévreuses en tournant en rond dans la cuisine étriquée.
Le pain restait son aliment favori.
Quand aux produits sucrés, ils le dégoûtaient au plus haut point, et Curve ne leur adressait pas même le privilège d’un regard. Son intransigeance vis-à-vis de la catégorie sucrée se fendillait pourtant lorsqu’il s’agissait d’en voler aux autres. C’était un délice de chiper a même la fourchette – ou la bouche, pourquoi pas – la sucette reluisante, la fraise rutilante et dégoulinant de crème.
Et comme personne n’osait lui reprendre par le même moyen ou il avait dérobé, il gardait le bien et le service, gratifiant ses victimes d’un sourire carnassier.
Le monde était son plateau repas. Ou presque.
Les frites et autres atrocités ne trouvaient pas plus grâce a ses yeux qu’un bout de carotte crue ne tentait un enfant pour son goûter.

Après avoir dépassé les restaurants et autres stands d’où s’élevait une quelconque odeur organique, le cendré trouva enfin une allée moins fréquentée que les autres, et trouva rapidement la cause a ce soudain changement de flux humain : c’était la partie ouest de la galerie ou s’étalaient les magasins de meubles mais surtout, les nombreuses librairies. Pilant, Curve se stoppa un court instant devant la vitrine tentatrice, avant de pénétrer dans l’échoppe, humant avec délice l’arome frais des livres fraîchement imprimés, effleurant du doigt les reliefs d’une couverture qui attirait l’attention, caressant du regard les pages blanches d’un pavé au titre séducteur.
Très jeune, il s’était découvert une passion pour la lecture, et avait passé presque toute son enfance a lire sous les lumières insidieuses de la bibliothèque peu garnie qui jouxtait la nursery. Puis peu a peu l’attirance des livres s’était amenuisée pour la contemplation, et des lors il avait passé ses journées, de six heures du matin a deux heures de la nuit a observer ce qui se tramait de l’autre coté des fenêtres. Encore aujourd’hui, il passait sa vie a voir, analyser, et superposait les couches de ses rêves, de ses désirs et des faits au sein de la marée mouvante de ses pensées.
Il ne lisait plus guère, trouvait les romans trop clichés, trop romanesques. Les héros étaient trop héroïques, les aventures fantastiques, les histoires d’amour le répugnaient et les crimes policiers le perdaient au bout de deux cent pages.
Son imagination était bien plus fertile.
Chez lui, l’amant se muait en tueur passionné qui décapitait sa compagne avec la fourchette de l’aimée, les aventures n’en étaient pas, les dragons devenaient lézards végétariens et les éléments seuls étaient principaux dans la trame de son épopée mentale.
Il quitta donc la librairie, pour s’engouffrer dans un autre monde.
Celui de l’électronique.

Délaissant les ordinateurs, portables et autres atrocités qu’il n’imaginait même pas tenir en main – Curve jouant a snake ou sur msn, wtf – il dénicha le rayon qu’il cherchait : la clé entre le monde réel et l’imaginaire humain.
Les détenteurs de Musique.
Ipod, MP3, lecteurs, il se moquait bien quel nom prendrait l’objet qui lui détruirait les neurones et couperait définitivement les ponts avec l’Extérieur. Avec ça, il serait l’Autiste avec un grand A. Distrait au moindre battement de cils, lorsque la musique engourdirait ses nerfs, ils ne verrait plus rien, plongerait dans les eaux paradisiaques de son monde intérieur, sans revenir a la surface au moindre mot qu’on prononcerait.
Elle en serait frustrée.
Il inclina la tête, réceptif a cette pensée qui avait réussi a traverser l’écheveau infernal de ses songes. Elle. Qui voulait avoir le droit de parole, qui exigeait être la seule a être vue lorsqu’il était dans un périmètre avoisinant les cent mètres. Selon elle, L’Impératrice blonde devait être … Omniprésente.
Avec un casque sur la tête, il la snoberait, l’ignorerait.
L’oublierait.
Elle deviendrait poupée transparente et hurlant sa hargne dans un silence parfait, alors que les pulsions dévastatrices inhiberaient la conscience du cendré. Le noyant sous les flots sombres de son Moi intérieur.
Béatitude sous contrôle.
Il lui suffirait d’un mouvement de l’index pour l’emmener dans un monde ou tout prendrait une valeur dérisoire, ou son égocentrisme attendrait des sommets jusque la inenvisageables.
D’une autre pression, il revenait selon son propre désir dans le monde qu’il qualifiait de réel.
Il ne serait plus un bouchon noyé puis exposé aux courants, tantôt plongé dans ses pensées, tantôt revenant en surface pour écouter les babillages incessants d’un individu sans intérêt.

Sa clé.
Sa passerelle.

Derrière lui, un cri retentit.
Distrait, le cendré pensa simplement que si le voleur avait volé un sac, il pourrait bien l’aider.

Dans son monde, il n’était pas le vaillant chevalier.
Il était la nuisance.

Et le statut était si glorieux qu’il en suffoquait d’orgueil.


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Quelques mots de politesse lui échappent parfois ; un salut, un remerciement ;
coutume hypocrite qui gagne en partisans.

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Abe.
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MessageSujet: Re: Sous l'éclat impur des néons. * Abe. Ven 14 Jan - 16:56



Elle posa ses fins doigts sur la vitre du compartiment réfrigéré. Elle frémit et poussa un gémissement. Se répandant dans le bout de ses membres le froid paralysait tout sur son passage. Il passait. Gelait. Continuait. Avançais sans faille. Le froid n'est rien d'autre qu'un Napoléon de plus, la chaleur son féroce ennemi. Et chacun leur tour, envahissant le territoire de l'autre pour une victoire totale ou une défaite glaciale et cuisante. Conquérants se menant une lutte sans fin. Chacun possédant ses royaumes. Ainsi, créant des mouvement de masses. Sans conscience du temps qui passe. Aussi rapidement que léthargiquement. Aussi subtilement que violemment. Tels des combattants imprévisibles, aussi tempétueux, vivaces, que mornes et résignés. Dans une impulsion de masochisme ne faisant, loin de là, pas d'elle un fou sanguinaire mais juste un homme testant ses limites, ses capacités, elle lutta, laissant ses doigts subir cette souffrance. Jouant a bas étage avec ses résistances. Elle rapprocha son visage de la vitre pour mieux observer les produits étant entreposé de l'autre côté. Un nuage blanc opaque fut créé par son souffle. Elle l'observa quelque instant, fascinée par tout les obstacles que les hommes pouvais eux-même s'offrir. Et dans un geste devenu reflex par ces temps arctiques elle l'essuya d'un revers de manche laissant quelques peluches de couleur grise collés a la vitre. La voie libre elle jeta son dévolu sur un article et mettant fin a son jeu retira sa peau a présent insensible de la parois glacée. Dans un bruit de succion elle ouvrit le frigidaire construit à la chaine dans des usines asiatiques par des employés payés une misère, n'y pensant même pas, trop naïve.

Attendant dans la queue elle porta son regard autour d'elle. Abe impressionnée par l'aisance qu'avait a vivre les gens normaux. Elle, sans pouvoir se sentait démunie, sans son don. Sans pouvoir donner. Elle n'était plus elle-même. Réprimant une crise de panique elle posa ses articles sur le tapis roulant de la caisse. Elle jeta un regard a ses mains, passant des siennes a celles de la personne étant derrière elle dans la file. Elles étaient ternes, sans éclat, sans lueur, sans magie. Si normales. Si ordinaires qu'elle avait envie de se rebeller contre cet absence. Cette chose qui faisait partie d'elle depuis bientôt huit longues années manquait a l'appel. Et elle craignait par dessus tout que celle-ci se soit aventurée trop loin dans les marécages, qu'un animal féroce l'ai attaqué et englouti. Que son pouvoir se soit échappé désireux de liberté. Partit en vacance, enlevé et tué par des terroristes empreints de cruauté jusqu'à la moelle. Si cette lumière c'était éteinte, ce serait ça fin définitive. Et peu a peu elle sombrerait. On l'avait amputé d'un organe vital. Essentiel. Et ce vide la tuait, peu a peu. La consumait. S'attaquait a elle. Ce vide se rependait dans ses veines tel un acide corrosif. Bien pire que le froid. Bien pire que les flammes. Il la dévorait, des trous noirs fleurissait sous sa peau et dans son esprit. Et à la fin elle ne serait plus qu'une anomalie dans cet univers. Un trou dans le tissu de cette voie lactée. Une tache béante. Inutile et profondément vide. Ce remède c'était transformé en poison.

La caissière l'interpella et rompis le fil de toute ses pensées. Elle revint a cette réalité ordinaire qui était maintenant la sienne, pour toujours. Ses mots la firent frémir. Il fallait qu'elle occupe son esprit. Elle rendit un sourire éclaboussant à la jeune femme derrière sa grosse machine, sa vie ponctuée de bip. En l'observant elle se sentit soulagée. Et elle la remerciait. Dans son regard se lisait toute sa reconnaissance. Parce que cette jeune femme brune la considérait. Elle s'occupait d'elle, ne l'oubliait pas. Elle faisait partit de tout ses clients et avait le l'importance. L'ancienne Omicron se créait un rôle, une petite place, cousant bout a bout plein de pièces et se rafistolait une existence. Et ainsi Abe se raccrochait désespérément a tout ce qu'elle pouvait trouver dans cette nouvelle vie plate et morne. Lentement , elle pris tout ses articles et remplit ainsi deux énormes sachets entier. Dans des mouvements répétitifs, un a un, elle les plaçais plus ou moins au hasard dans les sacs en toile. Essayant d'en faire tenir le plus possible ensemble. Les emboitant mutuellement dans les figures compliquées. Tel une construction défiant les lois de la pesanteur et survolant l'architecture d'un coup de hasard appliqué sur une toile abstraite. Une partie de Tetris sans en être une. Elle remplis un chèque vierge, y apposant juste sa signature tracé nettement et dans un geste souple du poignet le tendis vers la caissière. Tel était son remerciement, si économique soit-il. Parce que indirectement elle lui permettait de vivre. Parce que indirectement elle lui permettait de vivre.

Elle souleva les deux sacs en toiles d'un geste brusque qui créa une douleur vive dans ses épaules. Elle failli en lâcher un mais résista à la tentation destructrice. Les sangles minces et fines rentraient dans sa chair. Elle sera les dents et releva la tête. S'accrochant a cette épreuve comme à sa vie. Oui. Les épreuves nous constituent une identité. Pour oublier la douleur ardente de ses paumes elle leva les yeux vers le monde qui l'entourait, le redécouvrant. Ainsi elle erra sur une bibliothèque vieillotte remplie de livres parfumés par les années et jaunis par l'humidité. Un fleuriste à la devanture envahie par des fleurs et plantes colorés et exotiques en tout genre, emballée dans un plastique teinté d'un vert anis frais assortit au revêtement des murs du magasin et orné du motif de celui-ci. Puis un traiteur dans un bar aux formes souples et épurées aux nuances chaudes et festives, entouré de tables et de chaises du même acabits dont la moitié était remplie par des clients affamés. A sa droite un magasin de nouvelles technologie qu'elle scruta avec attention, observant captivée par les designs futuristes des objets exposés dans les vitrines. Jamais elle ne s'était réellement intéressée à ça, avoir un portable lui étant impossible a l'époque ou elle était Omicron, ces mots lui donnèrent les larmes aux yeux, maladroite elle aurait été rapidement repérée. Elle jugeait un ordinateur trop inaccessible, quand au reste, elle n'en avait aucune connaissance. Au bout de l'allée des baies vitrées menant la sortie, le verre flouté par la pluie tel son avenir incertain.

Soudainement, un cri déchira l'espace phonique. Des décibels perçantes fendirent l'air et vinrent percuter ses tympans. Choquée elle perdit le contrôle de ses nerfs et ses muscles durant un instant. Les sachets glissèrent de ses mains meurtries et dans un splendide bruit d'œufs brisés s'étalèrent de tout leur long et se défirent de leur contenu sans retenue. Dans tout les sens glissèrent divers articles alimentaires causant la chute d'une personne et des minutes de plus a nettoyer pour les agents d'entretiens. Horriblement gênée elle baissa les yeux et se pencha a toute vitesse manquant de trébucher contre un sachet de pommes de terres dans le but de ramasser le plus d'objets possibles dans un temps minimal. Ses joues se teintèrent de rouges et elle tenta tant bien que mal de cacher son visage avec ses cheveux bouclés. Totalement captivée par sa honte et son désir de fuir a toute jambes tout en récupérant tout ses achats elle ne chercha même pas a comprendre d'où venait ce hurlement.

Jusqu'à ce que le Pickpocket la percute de plein fouet. Balayée par une déferlante d'élan et de muscle son corps perdit toute consistance et elle fit un magistral vol plané. Qui se coupa net lorsque sa tête heurta la colonne décorative en plâtre plantée au beau milieu du chemin. Un cris silencieux se perdit dans sa gorge toute la scène se déroula dans un silence parfait. Les spectateurs et l'actrice elle-même ayant la respiration coupée. Ses muscles était insensible aux appels désespérés de son cerveau, l'abandonnant une fois de plus. La laissant seul sans aucun moyen d'opposer leur résistance a l'adversité. La jeune femme suffoquait, manquant d'avaler sa langue. Une souffrance lui scinda le crane en deux. Un éclair de douleur pure et intense parcouru ses veines en un grain de sablier, laissant sa marque au fer rouge dans sa chair devenue insensible a toute autre chose que la douleur. Puis un malaise profond lui fit tourner la tête. Un pic ténébreux venant de sa gorge et de ses poumons irradiant ses nerfs a nouveaux torturé. Une brume noir envahis sa vision puis ce fut le vide. L'encre abyssale.
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Curve
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MessageSujet: Re: Sous l'éclat impur des néons. * Abe. Ven 21 Jan - 22:41



    Crowned hopeless
    The article read living wasteland
    This time you've tried

    Change my attempt good intentions
    Limbs tied, skin tight
    Self inflicted his perdition
    Should i, could i ... ?
    Change my attempt good intentions
    Should i, could i ... ?


    musique, maestro !



Ses doigts se détachèrent enfin de la vitre de verre, y laissant une marque fine qui happa le regard du cendré. Pensif, il y resta figé un court instant, plongé dans ses pensées, avant d’entrouvrir les lèvres et d’expirer un souffle chaud sur la marque fautive, qui s’évapora dans un fin tourbillon âpre ou se mesuraient suavement volutes célestes et arabesques tendres. Réprimant l’envie d’aussitôt réitérer l’expérience, bien qu’ignorant les regards perplexe des badauds, il se détourna enfin, et jeta un rapide coup d’œil a l’horloge murale qui le surplombait de son cadran verni – et visiblement, dédaigné du service d’entretien. La poussière s’y accumulait par paquets hideux et grisâtres, masquant les aiguilles qui sans doute, s’étaient stoppés depuis longtemps. Un léger soupir le secoua, et Curve se détourna tout a fait, embrassant la foule d’un coup d’œil passif. Il y avait bien plus de monde que quelques …
… Minutes ?
… Secondes ?
… Heures ?
… Instants auparavant. Rien ne lui indiquait combien de temps il avait pu fureter en gaspillant son temps comme un damné. Il abandonna la lutte, et plantant la Chronos et ses sbires aux actions dévastatrices, il avança d’un pas élastique vers la sortie, la tête déjà vide de ce qu’il avait vu. Peu lui importait l’appareil. Il voulait de la musique. Cependant, il n’avait pas d’argent – et il n’aimait pas dépendre d’un bout de papier ou de métal qu’on considérait comme monnaie d’échange. De plus, il lui fallait visiblement un ordinateur pour brancher et nourrir l’appareil de décibels voraces.
Il n’en voulait pas.
La question pouvait être considérée comme réglée ; elle ne l’était pourtant pas.
Il trouverait une solution. Plus tard. Après tout, qu’importe la course du temps ; elle restait assez lente pour qu’il évolue en toute tranquillité parmi ceux qui s’y précipitaient.

D’un mouvement du poignet, il poussa la porte vitrée du magasin, et se retrouva dehors. Une vague de froid l’assaillit soudainement, et il plongea par réflexe les mains dans ses poches. Il n’était la non plus, pas réellement frileux. Mais la chaleur était son amie plus que le froid polaire ou artificiel d’un magasin. Il était après tout, plus agréable de se lover devant un feu, même par terre en jouant au félin assoupi, plutôt que de se rouler en boule a coté d’un réfrigérateur.
Mais tout était question de point de vue.

Il fut cependant, réellement perplexe lorsqu’il tomba nez a nez avec un visage masqué. Un court instant, il crut avoir percuté une figurine en carton grandeur nature, ou être entré dans une pièce ou se déroulait un remake de Batman, ou something like that.
La figurine-batman lui démontra rapidement le contraire en fronçant les sourcils, seule partie visible de son faciès, hormis ses yeux dilatés. Curve lui renvoya un regard de marbre. Que devait-il faire au juste ? Reculer ? Hurler ? Se détourner ?
Le pickpocket lui rendit service en choisissant à sa place ; il dégaina son arme, un petit revolver massif, et le braqua vers l’omicron.
La seule pensée censée qui lui vint sur le moment était qu’il aurait aimé, a cet instant, être un male digne de ce nom, connaître le nom du jouet blindé et ses caractéristiques, et aussitôt le choper au voleur et commencer a se la jouer intello en affirmant que c’était un ‘ parfait modèle pour un vol a la finition aussi merdique ‘ puis se barrer en sifflotant – le flingue négligemment fourgué dans la poche.
Il ne pensait rien qu’a ça.
Le reste tournoyait abstraitement, insoumis aux lois de l’adrénaline qui devrait affluer, et qui semblait faire grève comme a chaque fois qu’elle devrait irriguer maître Curve le passif. Dentifrice, canards et autres aberrantes songeries lui polluaient l’esprit, de sorte qu’il ne fixait le canon de l’arme que par pure politesse.
Pour donner a l’homme un semblant de confiance qu’il laminerait ensuite.
Le premier acte était déjà annoncé : Curve VS le voleur, premier round.
Le cendré s’écarta tranquillement du malfrat, ne lui jetant pas un regard, et s’engagea dans l’allée comme s’il comptait partir après ses achats.
Son pied buta sur un paquet de tomates, échoué là parmi d’autres menus achats. Trônait au centre du tableau une jeune fille évanouie – peu surprenant, pour une femelle – qui semblait ne pas être assez intéressante pour qu’aussitôt les casanovas de basse-cour ne se précipitent pour lui porter secours.
Curve jeta un coup d’œil au voleur, un sourcil levé.

« Quitte a passer pour un con, autant rentrer dans les gens ?

Genre. Comme si ça doublait les points obtenus.

« Ta gueule ou je tire !

Lâcha l’autre, frôlant l’infarctus à chaque syllabe.
Oh, un stressé de la vie au père violeur chronique qui avait battu sa mère a mort avant de la faire manger a ses molosses, de droguer son fils a la menthe et au poivre blanc avant de l’expédier dans la rue au milieu de deux poubelles volées.
Encore un qui n’avait pas compris l’utilité de la monnaie papier. Qui la brûlait pour regarder la jolie fumée s’en échapper. Encore un cas social.
Le cendré n’éprouva aucune compassion vers le ver qui se tordait a ses pieds, et s’axa plutôt vers la question posée implicitement, qui lui arracha un sourire franchement narquois.
Ce genre de phrases ne méritait qu’une franche réponse.
Dans ses poches, ses doigts se crispèrent une fraction de seconde, par pur automatisme. Ses artères frémirent d’impatience, ses veines se mirent a pulser, impatientes de vomir des kilovolts et des kilovolts d’électricité avide de chair a consommer. L’air sembla frémir, de connivence.
Et …
Ah. Oui.
Son pouvoir n’était plus.
Et merde.
Ce fut un fail presque douloureux que de ne pas pouvoir pourrir la gueule de l’affreux a laide de volts inquisitrices. Cependant, Curve avait bien d’autres ressources ; et sa principale était le sardonisme narquois.
Faire tourner les gens en bourrique.
C’était bandant a l’extrême. Surtout lorsqu’on jouait au blasé de la vie suicidaire qui ne craignait rien. Le genre de type qu’on aimerait lapider a coups de tabouret mais qu’on ne touche pas, de peur de lui rendre service sans le vouloir.
Son vice prit le dessus, et corrosif, il inclina la tête, un sourire tranquille collé aux lèvres.

« Ah oui, vraiment ?

Parce que tu sais te servir de ton jouet, morveux ?
Poursuivant sa petite comédie, et prenant un plaisir sadique à torturer les nerfs du post-pubère, il avança vers la belle au bois dormant, l’observa un court instant, déconcerté face a la résistance lamentable de son corps fuselé, et perçut le mouvement infime de ses paupières.
Oh. Belle au bois dormant revenait a elle. Parfait, elle serait l’actrice idéale pour son acte final. Encore heureux qu’elle ne s’éveille pas qu’au prix d’un baiser. Jamais elle ne l’aurait eu.

« Peu commun de s’endormir au milieu d’un hall de magasin. Bonjour, moi c’est Curve, tu veux être mon ami, conquérir le monde, réduire l’humanité en esclavage et jouer la femelle servile ? Super, appuie sur le bouton diez. Celui qui t’a percuté est un pickpocket qui semble ne pas savoir comment se servir de son arme. Sinon tu comptes nettoyer ton carnage ? C’est crade, du jaune d’œuf et de la pulpe de tomate mélangés a du shampoing.

Et délaissant le voleur qui poussa un couinement outré dans agir davantage, le cendré se détourna et partit en sens inverse, dédaigneux.



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MessageSujet: Re: Sous l'éclat impur des néons. * Abe. Lun 24 Jan - 21:34




C'était noir. Infiniment noir. Ce n'était que vide et absence de lumière. Son cerveau et sa conscience étaient la proie d'une ombre vicieuse et tenace. Elle s'accrochait a chacun de ses nerfs, les enlaçant amoureusement, et les étouffants avec jouissance. Se nourrissant avidement de leur morosité. Suçant le suc de leur vie. Aspirant le fluide de leur énergie. Se délectant lentement de ce fluide exquis et divin. L'essence même de son existence. Et les étranglant, envahis d'une joie jubilatoire et douçâtre. De par ses tentacules maléfiques étouffant la moindre lumière. Le moindre espoir. Atrophiant la moindre étincelle. Elle n'était qu'un jouet malmené par l'Abysse. Tel un dictateur cruel et pervers il s'étendait et envahissait son nouveau royaume qu'il avait conquit vilement, s'introduisant dans la faille. L'élargissant de plus en plus. Ouvrant une abime dans son corps. Un gouffre sans fin ou il s'était engouffré déversant son emprise ténébreuse sur ses nouvelles terres. Et de cette brèche s'échappait de plus en plus nombreuses et macabres armées de désolation. La guerre du roi contre le soleil, l'unique et grande bataille.

L'astre était la source de la vie. Il avait été créé pour exister. Si avant le big bang tout n'était que matière noir et condensation extrême il avait bien fallu un jour tout explose. Pour créer l'équilibre. Il faut du mal pour que le bien existe et du bien pour que le mal existe. Il faut de l'ombre pour que la lumière soit et de la lumière pour que l'ombre soit. Sinon il ne reste que du vide. L'absence d'équilibre est quelque chose d'insensé, d'impossible. S'il n'y avait pas de plume a poser sur l'autre côté de la balance que ferrait-on. Notre monde sombrerait. Il coulerais lentement tel un navire brisé. L'eau s'infiltrant lentement, coulant, limpide puis tachée de sang. Et sous les arcs de lumières circulait cachées, la rumeur d'une rébellion contre l'envahisseur. Si le soleil était resté muet c'est surpris par l'invasion. Et restant inerte il n'avait rien fait lorsque les tentacules empoisonnée avaient tissé autour de lui une cage sculpturale aux formes poétiques, courbes hypnotiques. Tandis que sous les ponts d'énergie pure circulait la révolte. Murmures.

Et tout explosa. Un rayon brula sans pitié toute ombre sur sa trajectoire céleste. Et dans un élan aveuglant. La lumière s'élargit. Dormant depuis trop longtemps. Et dans toute la félinité de son soupir. Détruit le moindre ténèbres d'un recoin ombreux. Sa prison se brisa. Et les éclats de verres de retombèrent même pas. Le fluide se propagea. Comme le ferait une guérison miraculeuse contre une maladie vermineuse. Coagulant dans la moindre veine. Fleurissant à la surface de sa terre envahie. Et par son pollen d'or se formèrent des soldat de lumière en armure de lierre. Et sur la plaine de sa matière grise les armes se heurtèrent dans une mélodie cristalline. La pureté de l'or n'ayant pas d'autre limite que la macabre saleté. Envahis par une vague d'énergie, l'ombre vicieuse se rétracta, rendue aveugle par tant de clarté. Elle se replia dans sa brèche abyssale. Consumé par la lumière. Tel un poison bénéfique, tombant gravement malade et dans un chuintement fatal rendit les armes. Elle cligna des yeux éblouit par la lueur des néons. Des formes floues se mouvait face a elle et restaient dans sont champ de vision anormalement bas. Peu peu sa vision se revenait de son long voyage dans les ténèbres. Un ange se présenta, approchant son visage du sien.

    « Peu commun de s’endormir au milieu d’un hall de magasin. Celui qui t’a percuté est un pickpocket qui semble ne pas savoir comment se servir de son arme. Sinon tu comptes nettoyer ton carnage ? C’est crade, du jaune d’œuf et de la pulpe de tomate mélangés a du shampoing. »


Il avait une peau d'albâtre aux contours fuselés. D'une blancheur marbre. Un visage fier et marmoréen. Des cheveux fin d'un blond clair presque blanc. A la nature fluide et sauvage. Tombant dans tout les sens cachant ses yeux par moments fugaces et subtils et s'entremêlant avec grâce et poésie. Puis elle plongea dans les méandres profond et énigmatiques de ses yeux. Il était d'un gris absolu. Aucun reflet de couleur ne s'y attrapais. Emplis de volutes de fumée abstraite, tourbillonnant dans un motif emprunt de mystère. Tel un temple inviolable, indéchiffrable remplit de colonnes absolument verticales reflétant la plénitude de l'aplat tout en étant à la fois qu'un nuage duveteux, douçâtre et omniprésent. Et dans les arcanes ténébreuses de ce pays morne luisait dans l'ombre de sa pupille. Le vice. Malsain. Saisissant le sens de ces mots elle écarquilla ses yeux. Royaume aux forêts profondes, à la couleur intense et magique. Si expressive. Parsemé de sable d'or tombé de la bourse maligne d'un marchant de sommeil à la valeur insoupçonnée. Des éclats dorés aux reflet intenses et profond. L'épiderme de ses joues se teinta de pourpre. Une chaleur sourde et honteuse l'envahit. Mélangées a la ténacité de son attachement envers cet ange qui avait fait renaitre la source de son espoir, réveillant sont esprit, le libérant de l'emprise sournoise. Et ainsi elle se raccrochait a tout ce qu'elle pouvait, tentant sans répit de ne pas se noyer. De ne pas finir sa vie entre les doigts joueurs et sournois de l'asphyxie.

Et sans réagir elle le regarda d'éloignée, perdue et déjà à la recherche d'un nouveau port d'attache où s'ancrer. Oubliant les passants affolés. Le pickpocket armé. Les achats éparpillés. Dans l'unique but de donner du sens a son existence. De se créer un but. Un objectif. Un devoir dans un futur tellement vide. Le remercier était a présent l'unique pensée qui l'obnubilait au point de ne plus se rendre compte de son environnement extérieur. Elle se concentra sur les muscles de ses jambes, un faible tremblement fit office de répondre. Abe ne sentais même pu sa chair. Juste un fourmillement atroce a s'en arracher la peau avec les ongles. Des millier de décharges électriques simultanées. Courant sous le pâle et translucide voile. Et de leurs petites pattes si fragiles, tourbillonnantes. Et de leur mandibules, mordantes. Elle sera les dents et pris appuis sur la jambe la moins meurtrie et lui ordonnât un gainage des muscles immédiat. Qui vint au bout de deux essais. Une fois debout , vacillante elle se rattrapas à la fausse colonne grec qui l'avait assommée non sans lui jeter un regard noir. Plus sure sur les deux allumettes lui servant de membres inférieur elle tenta un pas. Elle réussi sans mal. Rassurée elle pris de l'élan. Une pulsion de confiance en soi. Mortelle.

Prise dans sa lancée elle mit un pied devant l'autre. Tout en regardant ou elle marchait jusqu'à être totalement remise a son gout. Une injection d'orgueil et de courage suicidaire la mènerait à sa fin. Son cerveau commençait a se réveiller et était mobilisé tout a coup par un flots d'émotions intenses et inhabituelles. Submergé par tant d'effervescence il commença a se noyer. Ses capteurs tout a coup mobilisé pour tenir stable l'équilibre précaire de son propriétaire. Et il y eu la fameuse goute d'eau fatale. Celle de trop. Elle tomba lentement. Préparant son arrivée somptueuse depuis les profondeurs de son être. Ressurgissant de l'obscurité. Le monde tourna tout a coup autour d'elle. Une douleur sourde lui transperça l'arrière du crane. Un malaise insoutenable pris en étau son cœur. Le serrant dans ses serres suintantes. Et l'écrasant avec une moue sadique. Et trop occupée a retenir son repas dans son estomac elle marcha sur une bouteille de shampoing spécial pour cheveux bruns ternes et mal nourrit. Le récipient et son contenu a l'odeur agréablement fraiche et citronnée mais ayant été déversé a moitié sur le carrelage blanc et étincelant fus l'arme du crime. Et dans une chute splendide s'avachit de tout son long emportant l'ange aux cheveux aériens avec elle.


{Mangeaille}
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Sous l'éclat impur des néons. * Abe.

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