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> Question de Mémoire. [Lilian]

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MessageSujet: > Question de Mémoire. [Lilian] Lun 4 Jan - 1:01

    Lisa se réveilla. Un rayon de lumière filtrait à travers les rideaux de sa chambre parfaitement rangée. Sur le réveil, objet bruyant qui sonnait et continuerait de sonner si personne ne l'arrêtait, on pouvait voir les chiffres 7 et 30 s'afficher de la couleur rouge. A part ce réveil noir et disgracieux, la chambre de la jeune femme était une parfaite représentation du luxe, du bon gout et de l'harmonie. Dans les tons beiges et marrons, c'était une pièce vaste et lumineuse qui donnait accès à un balcon fleuri et à une vue magnifique sur le parc. La lady n'allait tout de même pas se loger n'importe où. Il lui fallait le top du top. Tout ce qu'il y avait de mieux lui revenait. Elle sortit de ses draps blancs et frais, parfaitement à l'aise dans sa jolie chemise de nuit en soie. Elle avait toujours sut bien s'habiller, même la nuit. Et ce n'était pas avec le temps que ça allait changer. Se dirigeant vers la salle de bain, elle jeta un coup d'œil vers son bureau dont la porte était restée ouverte. Tout allait bien. Pas qu'elle eu peur d'avoir oublié quoi que ce soit, mais même dans un immeuble haute sécurité, on ne pouvait avoir confiance en personne, et surtout pas en le personnel de nettoyage. Ces "sous-personnes" avaient toujours énervé Lisa. Toujours à casser quelque chose et à ensuite mentir en disant qu'ils n'ont jamais vu cet objet. Si elle avait sut, la jeune femme aurait put faire son ménage toute seule. Mais son travail lui prenait trop de temps pour qu'elle s'occupe de ce genre de choses sales et épuisantes. Et en plus elle n'en avait pas envie. Les ladys ne nettoyaient pas. Et Lisa était une lady. Le bureau n'ayant pas été pénétré, elle continua son chemin et atteint la salle de bain. Elle aussi plus que propre et incroyablement bien rangée, elle était plutôt dans les tons bleus, comme grand nombre de salles de bains. La jeune femme n'aimait pas faire dans l'excentricité. Elle se déshabilla, entra sous la douche et repensa à la journée d'hier. Landers avait encore fait des siennes. Décidément ce garçon était plus qu'embêtant. Il serait tant qu'elle le fasse taire une bonne fois pour toutes. L'assistante était connue pour ne jamais faire de cadeaux. Mais Landers avait continué. Une bonne chose: il ne niait plus. Il avait comprit ce qui arrivait lorsque l'on mentait à Lisa Carter. Mais il continuait ses tentatives vaines de s'infiltrer dans le laboratoire. Lisa avait trouvé ça amusant au début. Au début. Maintenant, ça l'énervait plus qu'autre chose. Il fallait qu'elle apprenne le respect à ce gosse. A cet insupportable gosse. Lisa sortit de la douche. Elle enroula une serviette autour de son corps et alla dans son dressing. Elle y choisit une paire de vêtements qu'elle enfila. Elle se prépara totalement, prit ses dossiers, son sac à main, sa clef, et elle sortit en fermant l'appartement à clef. Il était temps qu'elle montre à Emil Landers qui commandait ici.

    Le taxi s'arrêta devant la grande porte en fer. Lisa donna de l'argent au chauffeur et descendit de l'auto avec la grâce et la légèreté qui lui étaient propres. Elle dépoussiéra sa robe avec la main qui ne tenait pas les dossiers et avança. Lorsqu'elle passa la porte, tout fut comme d'habitude. En gros, en une fraction de seconde, la Béta qui était à l'accueil se redressa et arrangea son uniforme, prenant soin de remettre ses pieds nus dans les chaussures de marque qui gisaient vides sous son bureau, celle qui faisait le ménage referma sa bouche grande ouverte en pleine phase de baillement et s'activa à enlever la saleté, les différentes personnes qui marchaient dans le couloir s'activèrent le pas en arrangeant eux aussi leurs vêtements et en se murmurant: Mlle. Carter est là! Vite! Ils n'oublièrent pas d'aller prévenir leurs collègues dans les différentes pièces et en à peine dix secondes, le couloir était rempli de gens plus pressés les uns que les autres. Lorsque la jeune assistante passa à côté d'eux, ils la saluèrent poliment avec respect et effroi. Lisa ne faisait pas attention à eux. La sous-classe ne l'intéressait vraiment pas. Elle avança jusqu'à un couloir vide dans lequel on pouvait voir trois portes. Toutes en bois massif. Sur chacune d'elles, on pouvait voir une plaque de verre sur lesquelles était inscrits les noms des personnes occupant ces bureaux. Lisa Carter, Gabriel More et Edwin Peyn. Elle passa à côté du bureau de Gabriel avec une indifférence non dissimulée. Puis elle ouvrit son bureau fermé à clef et y déposa son sac et son manteau. Ses dossiers à la main, elle marcha vers le bureau d'Edwin, frappa, et avant même qu'il est répondu, poussa la poignée et entra. "Ah, Lisa, bonjour." dit-il en levant les yeux de ses dossiers. "Bonjour, Edwin." Elle avait prit l'habitude de l'appeler par son prénom. Après tout, ça faisait déjà 7 ans qu'il l'avait adoptée et qu'elle travaillait pour lui. Même si jamais elle ne s'était considérée comme sa fille. Elle posa les dossiers sur un coin du bureau et entreprît de ranger le reste. "Tiens, Lisa, occupe toi de lui s'il-te-plais." Il lui tendit un rapport, sans pour autant quitter des yeux son travail. Lisa le prit et leva les yeux au ciel. Emil Landers. Encore lui. "Je vous ferait moi-même un rapport sur lui dans la journée. Il commence à abuser, celui là." Sur ce, elle retourna dans son bureau, fermant la porte derrière elle. Elle s'assit et étudia le rapport. Tiens, insulte et agression envers un membre du personnel. Bon, ben elle n'allait pas rester trois heures sans rien faire. Elle allait chercher Emil et le ramener dans son bureau pour une petite discution. Et une petite punition aussi. En fouillant la mémoire des gens, Lisa pouvait leur passer en boucle les moments les plus douloureux de leur vie. Leur faire revivre la souffrance mentale et physique de ces moments. Ils avaient tous des moments comme ça. Et même s'ils l'avaient eux même oublié, l'expérience de Lisa dans l'utilisation de son pouvoir lui permettait de quand même voir ses souvenirs si bien gardés. Elle quitta son bureau.

    Dans les couloirs plus profonds de l'Orphelinat, on voyait plus d'Orphelins, et l'ambiance qui règnait sur son passage était différente. L'effroi était toujours là, mais le respect était remplacé par le haine et le méprit. Néanmoins, ils baissaient la tête et se collaient un maximum contre le murs pour ne pas déranger son passage. Et elle les ignorait. Comme toujours. Aucune personne n'échappait à la règle. Elle passait élégamment, répandant sur son passage la douce et bonne odeur d'un parfum cher. Odeur cependant devenue redoutée. Les talons de ses chaussures tapant sur le sol provoquaient un bruit qui résonnait dans les couloirs pourtant bondés où les conversations avaient cessées. Le temps s'était comme arrêté. Certains retenaient même leurs respirations. Et gare à celui qui rirait ou qui se ferait remarquer. Il ne fallait pas faire de bêtises ou on aurait à faire à la Reine. Elle avança encore, entre les murs blancs que personne n'osait salir ou décorer. Le bâtiment était très grand et il fallait du temps pour le parcourir. La salle commune était d'ailleurs loin du bureau de Lisa. Oui, la salle commune. Un endroit bruyant où les Omégas passaient le plus clair de leur temps. Elle était presque sûres d'y trouver Emil. Il ne perdait jamais aucune occasion de faire du bruit avec ses copains. Seulement, bientôt, il ne pourrait plus faire de bruit.
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Lilian
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MessageSujet: Re: > Question de Mémoire. [Lilian] Jeu 21 Jan - 16:35


    Elle, était une des rares qui ne braillait pas. Qui ne parlait pas. Qui ne bougeait pas, non plus. Du plus grand au plus petits d’entre eux, tous ces gamins, elle les méprisait. Elle leur vouait un dédain silencieux à tous, des Omégas aux Alphas, en passant par tout le reste de cette population d’infectés. Elle se méprisait elle-même d’être dans le même cas qu’eux, et ses yeux vides, grands ouverts, fixaient un point imaginaire en plein milieu du couloir en face duquel elle était assise, dos appuyé contre le mur, le bras sur ses genoux et le menton sur ses bras. Cela faisait bien une demi-heure qu’elle se tenait comme ça.
    Cette sale était l’une des plus bruyants de l’Orphelinat. Les gosses braillaient, se disputaient, courraient en tous sens.
    Un vrai calvaire.
    A croire qu’elle aimait souffrir. Les cris des bambins lui perçaient les tympans, et son cerveau sifflait, menaçant. Relevant lentement les mains, elle les plaqua consciencieusement sur ses oreilles, puis ferma les yeux, désireuse de s’échapper de ce monde définitivement agressif.

    Avait-elle toujours été ainsi? S’enfermant dans une bulle protectrice sous n’importe quel prétexte, coupée du monde extérieur par son seul désir… Peut-être pas, non. Quoiqu’il en soit, elle ne s’en souvenait pas. Sa vie d’antan avait été happée dans un gouffre noir, son âme s’était effritée en même temps. La théorie plus ou moins poétique selon laquelle le cœur était siège de sentiments, la répugnait. Son esprit analytique et froid lui faisait imaginer une bouillie abstraite mélangée à son sang dans son cœur battant. Elle en eut un haut-le-cœur.
    Au final, elle avait toujours été comme ça.
    Dépressive précoce ou préadolescente en crise, les termes cyniques pour la qualifier fusaient sur son passage, aussi vifs et acérés que les écailles noires d’un serpent… Il auraient put la trancher, la briser, la réduire à néant. Mais ils ricochaient sur sa peau.
    Le néant, elle l’avait déjà atteint.

    Ses yeux donnaient un aperçu de la fin du monde, sans scénario ni fioritures. Une vision crue, malsaine, dérangeante. Nombreux étaient ceux qui détournaient leur regard en voyant le sien, tentant de fuir la réalité de la chose. Ils refusaient de voir un futur si proche, et si laid.
    Il se voilaient la face, souriant à la vie comme une bénédiction qui leur étaient accordée, pour un temps imparti. Ils finiraient par mourir, et au lieu d’y réfléchir, il fuyait la pensée morbide comme la peste.
    Elle était une pestiférée.

    Et son cerveau tira le signal d’alarme.
    Elle l’avait vu.
    Ce gosse qui ne devait pas avoir plus de 6 ans. Elle l’avait vu chahuter avec d’autres gosses. Elle l’avait vu reculer vers elle. Elle l’avait vu trébucher. Elle l’avait vu tomber en arrière… Sur elle
    Sa réaction fut immédiate.
    Ses yeux s’écarquillèrent, et en même temps que le gamin tombait, elle se releva à demi.
    Vaine tentative, il la toucha.
    Le contact lui fit l’effet d’une décharge électrique, et un frisson violent parcourut sa colonne vertébrale, traversant chaque vertèbres, la secouant de part en part.
    Mauvais signe.
    La seconde d’après, un rictus effrayant plaqué sur le visage, les sourcils froncés, ses yeux, d’océan devinrent argent en fusion, et une vague de chaleur inonda la pièce.
    La seconde qui suivit fut un joyeux divertissement. Tout ce qui n’était pas fixé au sol décolla de celui et une ribambelle de tables, de chaises, de vases et -accessoirement - de gamins, vinrent s’écraser au plafond. Scotché comme des mouches sur un ruban adhésif, il braillaient bien plus fort que ces dernières.
    Implorant, suppliant, vociférant…
    Les plus âgés promirent à la fille une sacrée dérouillée lorsqu’il serait descendus… Bien mal leur en prit. Inconsciente et agressée, son pouvoir s’accentua, et la pression contre le plafond blanc aussi.
    Sans doute auraient-ils finis écrabouillés comme des mouches sur le plafond jadis immaculé, si il n’y avait eu un élément plus perturbateur que celui-ci.
    Le bruit sec de ses talons frappant le sol résonnait dans le couloir menant à la pièce, et lorsqu’elle ouvrit la pièce, le pouvoir de la gamine décida qu’il était temps de se retirer dans son antre.
    Aussitôt, il plut des gamins, des tables et des chaises.
    Aucuns d’entre eux ne retomba avec grâce, et elle les méprisa encore plus.
    Ils s’étalèrent tous, lamentablement, devant la gamine blonde, qui les contempla un instant, puis releva les yeux vers la femme qui venait d’apparaître.
    Aucun remords dans son regard… seulement un dédain silencieux.
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MessageSujet: Re: > Question de Mémoire. [Lilian] Ven 12 Fév - 18:05

    Les couloirs continuaient, continuaient, comme infinis. Et Lisa les parcourait, à la fois aveugle et attentive au moindre mouvement, au moindre bruit. Personne ne parlait. Mais c'était comme si une musique trônait dans sa tête, refusant de s'en aller. C'était une musique inquiétante, puissante, mais silencieuse. Et tout autour d'elle était comme un ballet. Un ballet répétitif et disgracieux, entraînant et entêtant. Les Orphelins en étaient les danseurs. Le claquement des talons de Lisa en était le tempo. Et Lisa elle-même en était le maestro. Classique, et soigné. La mélodie, accompagnée des danseurs, continuaient, comme les couloirs de l'Orphelinat. Mais pas un instant Lisa ne se laissa prendre au jeu. Pas un instant elle ne dévia de son chemin. Pas un instant elle n'oublia Emil. Pauvre Emil. Énerver un Alpha était dangereux. Mais il avait persisté. Bientôt, il se retrouverait sur la dernière étagère. La plus petite. Celle des "Disparitions". Et Lisa en serait heureuse. Peut-être Emil pourrait-il vivre jusqu'à l'âge de 14 ans. Mais jamais, au grand jamais, Lisa ne le laisserait sortir de l'Orphelinat. Non. Dehors, il causerait trop de problèmes. Le lâcher serait causer sa propre perte. Et les Alphas ne voulaient pas ça. Non, Emil aurait un accident soudain, ou une maladie très rare. Cela dépendait de l'humeur de Lisa à ce moment là. Et du personnel disponible. Enfin, la jeune femme se rapprocha des couloirs les plus fréquentés par les Omégas. On en voyait de plus en plus et la Reine se réjouissait de voir autant de futurs soldats. Et de futures sommes d'argent. Les Omégas avaient étés créés dans le but de gagner la Troisième Guerre Mondiale. Leur rôle était de se battre pour leur nation. Et de mourir quand le moment serait venu. A ce moment là, ils ne seraient pas enterrés. Ils ne seraient pas ramenés à la base. Ils ne seraient pas pleurés. Ils n'avaient plus de parents. Plus de familles. Plus de maisons. Ils n'avaient plus rien. Ils n'étaient plus rien. Mais tant qu'ils étaient vivants, ils étaient tout. Leurs espoirs. Leurs guerriers. Leurs sacrifiés. Tout. Sans eux, les pertes seraient beaucoup plus grandes, et les possibilités de perdre la guerre horrifiantes. C'était pour cette raison qu'il fallait les préserver, les éduquer, les instruire. Parce que quand ils auraient atteint l'âge fatidique, les 25 ans prévus par l'Etat, ils seraient indispensables, et une source de revenus gigantesque. Voilà pourquoi elle ne devait pas les tuer.

    Au loin, les contours de la porte se dessinaient. Petit à petit, ils devenaient plus nets, plus détaillés. Et la porte s'agrandissait. La porte. Elle était comme beaucoup d'autres, mais elle représentait plus. Bien plus. En bois d'assez bonne qualité pour entendre un minimum les cris des garnements bruyants sans avoir à faire insonoriser la pièce, dans les teintes de blanc, virant plus vers le gris ou le blanc cassé à cause des petites pattes de rats salles de enfants qui y entraient et en sortaient en permanence. La poignée avait quelques peu rouillé et depuis des années, attendait d'être changée. Mais qui s'occuperait des couloirs des Omégas? Personne. C'est bien pour cette raison qu'elle n'avait jamais été rénovée et ne le serait jamais. Sauf quand il deviendrait impossible d'y entrer bien sûr. Mais ils avaient encore quelques décennies devant eux. Bizarrement aucun OGM ne s'en approchait. Ils avaient d'ailleurs tous fuit en murmurant des paroles inaudibles à l'oreille de Lisa. Peut-être voulaient-ils échapper au massacre. Non, c'était sûr. Mais Lisa ne savaient pas encore à quel massacre ils faisaient référence. Mais elle commençait à s'en douter. Les cris étaient bien plus forts que d'habitudes. Elle s'approcha encore. Les paroles qu'elle pouvait entendre étaient douteuses. Elle froissa ses jolis sourcils, tellement beaux qu'ils auraient pu être dessinés par un designer, et accéléra le pas. Là, elle les entendait clairement, les plaintes et les cris. Ils se passait quelque chose à l'intérieur. Sûrement une bataille ou autre chose de ce genre. De toute façon, rien que pour crier aussi fort, ils devaient être punis. Oui, punis. Ils le seraient tous. Et particulièrement le fauteur de troubles. D'un geste vif, mais qui n'excluait pas sa grâce, Lisa ouvrit la porte dans un grincement sonore.

    Et, tout à coup, il plut des meubles. Et des enfants. Ils tombèrent. Comme ça. Comme si c'était normal. Comme si la loi de la gravité le permettait. Qu'ils tombent, oui, mais pourquoi étaient-t-ils collés au plafond. Mystère. Enfin, seulement pour un de ces Bétas incapables de retenir trois mots sans avoir déjà oublié le premier. Eux se seraient posé des questions. Puis ils auraient choisit la petite rousse. Pourquoi? Mais, n'était-elle pas la seule à être debout? C'est ce que se serait dit un Béta. Sauf que Lisa n'était pas une Béta, c'était une Alpha. Et, tout de suite, elle avait reconnus ceux qui étaient dans la salle. En survolant une fois la salle des yeux, elle aurait pu vous faire la liste de tout les Orphelins, de leurs histoires, et de toutes leurs informations personnelles. En à peine une seconde, elle savait qui avait fait ça. Et comment. La petit rousse, justement, s'appelait Lilian Disdain. Et elle contrôlait la Gravité. Ça ne pouvait être qu'elle. Lisa l'avait remarquée, cette jeune fille. Son isolement, son caractère, son pouvoir. Oui, elle s'était un petit peu intéressée à elle. Mais, auparavant, Lilian n'avait pas commis d'infraction. Cependant, elle venait d'en commettre une. Enfin elle ferait un petit tour dans le bureau de l'Alpha. Un petit tour dont elle se souviendrait. Fidèle à elle-même, Lisa afficha une expression de dégout. " Debout! ". Vous croyiez que ce n'était qu'un simple ordre? Vous vous trompiez. Non. Quand Lisa donnait un ordre, il n'était jamais simple. Jamais. Celui-ci ne résonnait pas comme un ordre. Mais comme un cri. Un cri effroyable. Ce n'était pas un ordre, c'était une réalité. On n'y obéissait pas, on le vivait. Personne ne pouvait en dévier. Personne. Et surtout pas ces petits morveux ignorants. En une fraction de secondes, ils étaient tous debout. Sans même avoir eu le temps de l'entendre prononcer ces mots, sans même avoir eu le temps de ressentir la peur, sans même avoir eu le temps d'y penser. Ils étaient debout. Comme des piquets. Droits. Immobiles. Inexpressifs. Mais ils retrouvèrent vite des couleurs et leurs moyens. Lisa avait cessé la pression. Elle leur avait rendu leur liberté, leur vie. Elle avait arrêté qu'exercer sur eux l'Autorité.

    "Landers! Ici!", cria la jeune Alpha. Emil, comme pétrifié, tiré par le pouvoir incontestable de l'Autorité, s'avança et vint se placer à côté d'elle. Lisa l'évalua du regard et tourna la tête vers Lilian. Puis au bout d'un moment, elle ajouta avec une voix calme mais coléreuse, et pas moins renforcée par l'Autorité: "Disdain, suivez-moi.".

    Trois les trois, ils parcoururent les couloirs biens calmes de l'Orphelinat. Tous se taisaient sur son passge. Les Bétas se retenaient de ricaner, les Omégas affichaient des regards compatissants et désolés, les rares Deltas qu'ils croisèrent sourirent méchamment et ils eurent la chance de na pas croiser d'autres Alphas. Chance? Peut-être pas. Lisa était connue pour être la plus redoutable. Il faut dire que peut voyaient Edwin aussi, mais il était plus compatissant. Ils entrèrent en silence dans le bureau soigneusement décoré, et Lisa alla s'assoir sur sa chaise incroyablement confortable et chère, derrière son bureau en bois massif et le rapport soigneusement rangé qu'un Béta avait fait sur Emil. Pendant un long moment, Lisa les observa. Emil, habitué et téméraire, mais inquiet, se tortillait, et regardait un peu partout, détaillant et détaillant ces objets qu'il avait observé tant de fois. Il faisait son possible pour éviter les regard insistant et impassible de Lisa. Se qui se comprenait. C'était comme si, de son siège de luxe en cuir, elle pouvait lire en eux comme dans un livre ouvert. Et il n'aimait pas ça. Il connaissait les méthodes de Lisa. Il savait ce qu'il allait lui arriver. Mais que pouvait-il faire? Rien. A part attendre. Silencieusement. Après un long moment, Lisa se décida enfin à parler. "Alors, Disdain?".
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MessageSujet: Re: > Question de Mémoire. [Lilian] Sam 13 Fév - 17:52

    Elle était là. Dressée devant l’embrasure de la porte, la lumière du couloir irradiait derrière elle, si bien qu’elle ne perçut d’abord pas son visage, à contre-jour. Puis, lorsque ses yeux bleus se furent habitués à la nouvelle clarté, elle la distingua. Lisa Carter. Une alpha, et une des moins compatissantes qu’il lui eut été donné d’apercevoir. En fait, Lisa était la seule que Lilian connaissait de vue. Il y avait bien assez à faire pour les deux autres alphas avec autant d’Omégas à l’Orphelinat. Lisa, elle, semblait être partout. Le bruit de ses talons résonnait, infernal, et si Lilian avait eu une once de courage et dix de stupidité, elle aurait bien tenté de détruire ces chaussures bruyantes.
    Seulement, Lilian n’était ni courageuse ni stupide. Elle était banale, même avec ce pouvoir puissant, il fallait bien l’admettre.
    Lorsque la pluie de gosses et de mobilier ce fut arrêtée, les jurons et les pleurs commencèrent à fuser en sa direction. Les plus idiots et gueulards la menacèrent littéralement de lui péter la gueule. Trente secondes plus tôt, ils appelaient leur mère. Absolument pas crédibles. Et pourtant, Lilian était du genre à ne pas riposter. A essuyer coup sur coup sans rien dire. Son pouvoir n’était, évidemment, pas d’accord, ce qui était assez irritant. Elle n’avait aucun contrôle d’elle-même, et cela avait le don certain de l’irriter. Lilian irritée était dangereuse par son pouvoir menaçant…
    Bref, on tournait en rond.

    Toute l’existence de la gamine blonde n’avait été qu’un cercle vicieux. On l’avait haïe, puis aimée parce qu’haïe, et de nouveau haïe car aimée. Peu désireuse de trouver une solution à sa vie vouée à l’échec, elle avait choisi le moyen le plus court pour éviter de se torturer: Elle s’en foutait. Royalement. Elle dédaignait le passé des autres autant que le sien, méprisait le monde entier au même point qu’elle-même. Un cercle vicieux paradoxal… On sombrait dans les méandres de la psychologie, en cherchant à déterminer le profil psychologique de Lilian. Elle occupait d’ailleurs parfaitement sa place de cauchemar des psychologues, qui refusaient de la revoir après une séance. Après tout, elle les dédaignait aussi.
    Tout cela était bien joli -enfin non-, mais il restait un mystère pour le moins frustrant. Si elle semblait si forte, si sure d’elle à mépriser le monde comme elle le faisait… Pourquoi refusait-elle de le montrer? De s’assumer?
    Elle se faisait horreur.
    Son mépris d’elle-même était si grand qu’elle avait peine à regarder les gens dans les yeux. De toute façon, ils fuyaient son regard, craignant sans doute ce qu’ils pourraient y voir. Cela lui allait très bien.
    Simplement, cette fois ci c’était Lisa Carter qui se tenait devant elle.
    Et son cerveau avait tiré la sonnette d’alarme.

    Le regard de l’alpha parcourut la pièce, dégoûtée par le fatras de tables, de chaises, de pots de fleurs et de corps gigotant entremêlés. Il était vrai que c’était un spectacle assez répugnant, bien que ce fût elle qui l’ait crée. La scène ne dura pas. Un seul mot vint y mettre fin:
    « Debout! »Ah, l’Autorité. Ceux qui en disposaient affichaient un air tellement confiant… Tellement suffisant. C’en était dégoûtant. Ils se camouflaient derrière comme sous un gilet pare-balles. L’Autorité avec un grand A masquait l’absence de celle commençant par un petit a. Bien entendu, Lilian garda sa réflexion pour elle. Elle voulait éviter - dans la mesure du possible, étant donné qu’elle était bien partie- de déclencher la quatrième guerre mondiale. Un incident diplomatique avec un alpha n’était pas conseillé à l’Orphelinat, si l’on voulait avoir la meilleure espérance de vie possible.
    C’est ainsi que la gamine, obéissant à sn instinct de survie, ferma son clapet mieux que quiconque. Sans bouger pour autant, elle était déjà debout.

    « Landers, ici! » Cria l’alpha d’une voix qui ne s’accordait pas du tout à son teint.
    Un gamin efflanqué se leva aussitôt, n’offrant aucune résistance, et se plaça à côté d’elle. Lilian crut reconnaître le garçon qui l’avait menacée vertement, et elle retint un rictus triomphant. Quel plaisir de voir l’ennemi se faire engueuler à votre place… Après tout, elle n’était qu’une gamine.
    « Disdain, suivez-moi! »
    Et merde.

    L’Autorité, encore cette entité abstraite et irrésistible, hideuse et repoussante. La jeune fille ne put lutter, et de toutes façons n’en avait pas envie. Elle n’aimait pas les décisions, et encore moins les conséquences. Elle les fuyait, et le seul moyen semblait suivre Lisa Carter sans faire d’histoire.
    Ce qu’elle fit.
    Un peu en retrait derrière l’alpha et le dénommé « Landers », Lilian marchait d’un pas mécanique. Elle n’était ni à l’aise, ni stressée, simplement en attente.
    Mode stand by.
    Ce fut de courte durée, ils bifurquèrent dans un nouveau couloir, puis entrèrent dans le bureau richement décoré de l’alpha. Elle était riche, et aimait le montrer. Lilian méprisa immédiatement ce bureau. Elle s’assit sur sa chaise de bourge et lança ce regard glaçant à « Landers » . Ce dernier, mal à l’aise, se tortillait sur sa chaise, soucieux de l’éviter. Puis, lentement, trop lentement, Lisa tourna la tête vers la gamine blonde. Bien mal lui aurait pris de chercher le regard de Lilian, elle n’aurait pas apprécié.
    Heureusement, elle se contenta d’un froid:
    « Alors, Disdain? »

    Lilian eût-elle été plus téméraire, et incroyablement crétine, elle eût répondu sans hésitations: « Alors, Carter? »
    Simplement, Lilian n’était toujours pas courageuse, et toujours pas stupide. Elle ne releva pas les yeux, cela n’aurait plut à aucune des deux. Elle se contenta d’un morne:

    « Il allait me toucher . »

    C’était bien ce que voulait Lisa, non? Qu’elle tente de se justifier, de se faire pardonner… Qu’elle tente d’être comme tous les enfants de son âge, hypocrites, menteurs, orgueilleux et idiots. Ainsi, elle pourrait la punir tout son saoul, et de quelques façons qu’elle veuille.
    Seulement Lilian, n’était pas comme les autres.
    En fait, Lilian n’était comme personne.
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MessageSujet: Re: > Question de Mémoire. [Lilian] Sam 13 Fév - 19:39

  • Une odeur de bois régnait dans le bureau. Un bois cher, et ciré. Cette odeur, mêlée à celle de nombreux papiers administratifs, était un parfum dont on se rappelait toujours. Après tout, peu étaient appelés dans le bureau de Lisa, et quand ils y allaient, c'était ou pour se voir confier une tache importante, voir une promotion, ou pour être viré ou punis. Dans tout les cas, les Omégas comme les Deltas et les Bétas préféraient être appelés dans le bureau de Gabriel. Sauf les plus masochistes, bien sûr. Mais jamais on était appelé dans le bureau d'Edwin. D'ailleurs, très peu l'avaient déjà vu. Faute de temps à consacrer aux autres. Les rapports sur le comportement des infectés, c'étaient les deux assistants qui s'en occupaient. Et jamais personne d'autre. Ils étaient, après tout, les plus compétents. Eh oui, la vie était comme ça. Seuls ceux possédant les plus hauts rangs pouvaient voir les personnes appartenant au sommet de la hiérarchie. Lisa et Gabriel, d'ailleurs, voyaient peu les membres de l'Etat, voir pas du tout. Et on pouvait dire que la lady n'en avait strictement rien à faire. Si elle le voulait, elle pouvait très bien côtoyer des gens hauts placés. Mais elle n'en avait pas spécialement envie. Voir le monde exprimer respect et terreur lorsqu'elle passait à côté de lui, voir les Bétas, les Omégas et les Deltas s'incliner, se répandre à ses pieds, tout cela lui suffisait amplement.

    "Il allait me toucher."

    La toucher? Oui, c'était dans le dossier de Lilian. Cette préférence maladive pour la solitude. Et ce dédain bien prononcer pour tout autre forme humaine. C'était du moins ce que ces incapables de psychologues avait put trouver. Franchement, un simple Béta aurait pu deviner la même chose. Les psychologues de l'Orphelinat étaient d'ailleurs des Bétas, mais ils n'étaient pas simples. Ils avaient des diplômes. Pourtant, ils étaient tout aussi stupides et inutiles. Comme quoi, on est vraiment jamais mieux servit que par soi-même. Lisa regarda Lilian dans les yeux. Mentait-elle? Si c'était le cas, elle était très douée. Mais de toute façon, Lisa le saurait bientôt. Personne ne pouvait la tromper. Tout le monde le savait. Mais plus tard. Le problème d'Emil serait plus rapide. Elle tourna la tête et le regarda à nouveau. Ce cher petit Emil. Maintenant, Lisa connaissait par coeur les moindres détails de sa vie. De ce qu'il portait le jour de son arrivée à son parcourt scolaire et ses anciens amis. Elle savait quels étaient les moments les plus douloureux pour lui. Lesquels étaient les plus doux. Mais elle ne possédait malheureusement pas le pouvoir d'effacer les souvenirs. Dommage. Lisa ajusta les quelques dossier qui traînaient sur son bureau tout en regardant Emil. Il continuait de se trémousser. Mais il la regardait dans les yeux. Un signe d'opposition. Et de courage. Mais il en aurait bientôt moins. Elle allait lui faire baisser les yeux. Non! Le faire ramper à ses pieds. Et maintenant. Elle se leva avec la grâce qui lui était propre. Et, lentement, et contourna le bureau pour se retrouver à côté du jeune garçon.

    "Sais-tu, Emil, pourquoi tu es encore en vie? Sais-tu pourquoi tu n'es pas encore mort, soudainement? Sais-tu pourquoi ton dossier est encore sur l'étagère des Elèments Perturbateurs, au lieu d'être sur celle des Morts et Disparition? Sais-tu pourquoi tu as encore le droit d'être avec tes "amis", et elle prononça ces mots avec un dégoût non dissimulé, pourquoi tu n'est pas enfermer dans une pièce vides, seuls, avec à peine de quoi te nourrir? Emil acquiesça en silence. Pourquoi!?!, vociféra Lisa."

    Emil baissa la tête. Sa voix ne voulait pas sortir. Il était terrifié. Ses ongles étaient plantés dans le fauteuil en cuir, pour éviter à ses membres de trembler, en vain. Il ne répondait pas. Toujours silencieux. Lisa, impatiente, répéta sa question, encore plus fort. Là, Emil sursauta. Puis il essaya de prononcer quelques mots, mais seuls des sons inaudibles sortirent de sa bouche. Lisa, furieuse, frappa du point sur son bureau, manquant de faire tomber les pots de stylos qui y étaient posés, et répéta sa question. Emil, la tête toujours baissée, les yeux rivés sur ses genoux, pris son courage à deux mains et décida de tout sortir d'une traite. Ce qu'il fit.

    "Parce que je suis le le modèle. Je sert d'exemple. Parce qu'ils me voient souffrir, les autres n'osent pas bouger. Parce qu'ils voient mon heure approcher, ils se taisent. Parce que c'est moi, et pas eux."

    Pendant tout sa tirade, sa voix avait tremblé. Mais il s'était empresser de tout dire le plus vite possible. Comme pour s'en débarrasser plus facilement. Lisa sourit, satisfaite. "Et tu sais ce qui arrive aux exemples, Emil?" Le garçon serra les dents, préparé à la douleur. Mais il acquiesça de nouveau, de peur d'avoir à souffrir plus longtemps/ Le sourire de Lisa disparut, mais elle n'éprouva pas moins de plaisir à s'approcher de lui et à poser sa main sur sa joue, tenant fermement sa tête, qu'à le voir s'incliner devant une puissance trop forte pour lui. Sa main correctement placée et stable, Lisa activa son pouvoir. Elle eut aussitôt accès à un monde nouveau, enfin, pas pour elle, puisqu'elle l'avait visité bon nombre de fois. Elle laissa son pouvoir chercher les mauvais souvenirs de l'Oméga en le faisant revoir tout ceux qui défilaient à travers les yeux des deux personnes, comme des fantômes, et se tourna vers Lilian et la regarda dans les yeux.

    "Tu es une jeune fille intéressante, Lilian, très intéressante. Je pourrait étudier ton dossier, mais c'est plus rapide de fouiller ta mémoire. Tu as déjà entendu parler de mon pouvoir, Lilian? Sûrement. Eh bien, tu va en faire l'expérience. Il était temps que Landers nous quitte et que quelqu'un d'autre prenne sa place." L'Oméga qui gémissait en silence depuis les quelques minutes qui étaient passées, sursauta soudainement, avant de se voir repasser un moment particulièrement difficile de sa vie et de suffoquer. Lisa reprit sur un ton méchamment ironique. "Dis-moi, Lilian, comment était ta famille? Je vais bientôt le savoir, mais je ne lis pas dans les pensées. Alors je voudrait savoir comment tu la trouvais. Gentille? Ingrâte? Raconte-moi tout. Je suis tout ouïe."

    Un sourire horrible se dessina sur les lèvres de l'Alpha. Emil cracha un noyau de sang.
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Lilian
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MessageSujet: Re: > Question de Mémoire. [Lilian] Dim 14 Fév - 18:10

    « Sais-tu, Emil, pourquoi tu es encore en vie? Sais-tu pourquoi tu n'es pas encore mort, soudainement? Sais-tu pourquoi ton dossier est encore sur l'étagère des Elèments Perturbateurs, au lieu d'être sur celle des Morts et Disparition? Sais-tu pourquoi tu as encore le droit d'être avec tes "amis »

    L’alpha l’avait regardée un instant, semblant chercher dans les méandres de sa mémoire le contenu du dossier de Lilian, pour confirmer son hypothèse. Une misanthropie évidente, un rejet d’elle-même et du monde en général, se manifestant sous forme d’un mépris intense mais informulé. Une phrase pouvait résumer la couche superficielle de sa personnalité. C’était tout ce que ces crétins de psychologues avaient put trouver… Et ils en étaient fiers. La gamine leur aurait bien craché son venin et sa verve à la figure s’il elle n’en avait pas craint les conséquences, comme à toutes choses qu’elle n’osait pas faire.
    Elle était la parfaite incarnation d’une entité de regrets abstraite. Des regrets réels sur les rares choses qu’elle avait faites, des regrets hypothétiques sur les choses qu’elle pourrait faire, et qu’elle ne ferait pas. Lorsqu’elle parlait, rien ne trahissait ses sentiments, ses réflexions et son ressenti, si toutefois elle en eût un jour. En revanche, on ne savait des ses pensées si elles étaient confondantes de profondeurs ou superbement désopilantes… Les psychologues n’étaient définitivement pas curieux.

    Puis, Lisa s’était retournée vers ledit « Landers », pitoyable âme en peine. Il suait, se tortillait sur sa chaise, et faisait comme tous les enfants. Ils cherchait à fuir la réalité des choses, en sachant pertinemment que cette fois, il n’y arriverait pas.

    « pourquoi tu n'es pas enfermé dans une pièce vide, seul, avec à peine de quoi te nourrir? Pourquoi!?! »Vociféra l’alpha de cette même voix qui n collait pas du tout avec son teint et son image. Elle savait se faire obéir. Elle savait inspirer la peur par la bonne vieille méthode: en gueulant.
    Il n’y avait pas d’autres mots.

    Le garçon baissa les yeux sans protester, il ne savait quoi répondre et même s’il avait su, il se serait tut. Il ne pouvait répondre pour la simple et bonne raison qu’obéissant à son instinct de survie, sa voix refusait de franchir la barrière de ses lèvres serrées. Ses doigts, fixés sur l’accoudoir, semblaient vouloir en broyer l’extrémité, ses jointures blanchirent sous l’effort qu’il fit pour ne pas trembler. Ce qui ne plut pas à l’impatiente alpha. Avait-elle peur qu’il n’abîme son fauteuil? Elle répéta sa question, hurlant plus fort encore, et la garçon sursauta brusquement, comme pris d’une décharge électrique. Il mit un moment à s’en remettre, dans son regard brillait une terreur sans nom. Lilian l’observait, sans gêne, de son regard bleu dérangeant. Elle se moquait de ce que ce pauvre hère pourrait penser d’elle, et de toutes façons, il était bien trop occupé à chercher à s’enfuir pour la remarquer. Au fur et à mesure qu’elle s’abimait dans sa contemplation, une image s’esquissa peu à peu dans l’esprit de la gamine blonde, puis se fixa sur les traits de Landers. Un chien. Une petit chien efflanqué et sale, au crocs brillants mais à l’oreille basse, et la queue entre les jambes. Le cou enserré d’un collier qui menaçait de supprimer tout apport d’oxygène à son organisme affolé. Il était un chien en laisse, qui même muselé pouvait gronder, mais n’en avait pas la force.

    "Parce que je suis le modèle. Je sers d'exemple. Parce qu'ils me voient souffrir, les autres n'osent pas bouger. Parce qu'ils voient mon heure approcher, ils se taisent. Parce que c'est moi, et pas eux."
    Brave bête.

    Il avait bien appris sa leçon, songea Lilian. Il était un exemple alors? Un exemple de quoi, de chien? Tant mieux si elle ne devait pas le suivre, la condition canine intéressait bien peu Lilian. Aboyer, remuer la queue et japper sur commande ne lui seyait guère. Cela dit, étant donné qu’elle avait atterrit dans ce bureau de bourge, elle se doutait que l’alpha qui en était la propriétaire avait des projets pour elle. Des projets qui lui plairaient peu, au vu de son sourire carnassier lorsqu’elle la regardait.
    Plutôt qu’un chien, Lilian se sentait plutôt comme une machine à la fonction indéfinissable, mais qui patientait en stand by, attendant que l’on veuille bien poser les yeux sur elle. Elle qui détestait ça…

    "Et tu sais ce qui arrive aux exemples, Emil?"

    Lui, oui, il savait. Elle, non, et elle ne savait pas si elle aimerait en être informer. Son esprit oscillait, hésitait sur la conduite à tenir. Voulait-elle savoir ou ne voulait-elle pas? Le réponse, elle la connaissait déjà. Cependant, comme dans toutes les réponses de Lilian, il y avait un « mais » : Elle voulait savoir, mais non en subir les conséquence.
    Les conséquences la révulsaient, elle les fuyait comme la peste. Le seul moyen qu’elle eût trouvé pour ne plus y avoir à faire, était de les fuir. Lui était intolérable l’idée que chaque chose qu’elle pût faire était suivie de conséquences inévitables. Elle qui voulait justement leur échapper, elle avait perdu.
    Mauvaise joueuse.

    L’alpha avait contourné son bureau, et d’un geste rapide, elle se saisit du visage de garçon, le tournant vers elle sans ménagement. Les yeux de Landers s’écarquillèrent de frayeur, et Lisa fit quelque chose que Lilian ne comprit d’abord pas. Elle ressentit une brève vague de chaleur semblant émaner de la jeune femme, et se demanda un instant ce qu’elle avait put faire. Ses interrogations furent de courte durée. Son regard se reporta à nouveau vers le garçon. Il s’était recroquevillé sur son fauteuil, gémissant, et après quelques minutes dans cet état, il sursauta, menaçant de tomber de son siège. Il semblait en proie à des hallucinations ou des images assez peu… agréables. Le gamine blonde détourna le regard pour le reporter sur l’alpha, qui arborait une expression de triomphe à peine masquée. Elle semblait vouloir étouffer les sentiments trop puissants tels que la trop grande joie qui semblait l’animer. Note à elle-même si elle en doutait encore: cette femme se délectait de la souffrance d’autrui.
    Et Lilian sut qu’elle se repaîtrait bientôt de la sienne.

    "Tu es une jeune fille intéressante, Lilian, très intéressante. Je pourrait étudier ton dossier, mais c'est plus rapide de fouiller ta mémoire. Tu as déjà entendu parler de mon pouvoir, Lilian? Sûrement. Eh bien, tu va en faire l'expérience. Il était temps que Landers nous quitte et que quelqu'un d'autre prenne sa place."
    A cette phrase, Lilian songea à un vieil adage : « toute connaissance est bonne à prendre… » Celle du pouvoir de l’alpha était-elle réellement nécessaire?
    A voir.

    "Dis-moi, Lilian, comment était ta famille? Je vais bientôt le savoir, mais je ne lis pas dans les pensées. Alors je voudrais savoir comment tu la trouvais. Gentille? Ingrate? Raconte-moi tout. Je suis tout ouïe."

    Lui raconter? Aha. Un rictus amer étira les lèvres de Lilian. Lui raconter, hein… « Gentille, Ingrate? » Si sa perception de la famille des OGM se résumaient à deux catégories, alors elle avait beau être sadique et riche, elle avait bien peu d’imagination. Qu’a cela ne tienne, la gamine se ferait un plaisir de la guider vers une troisième catégorie qu’elle pourrait ajouter à sa liste:

    -Non. Stupide.

    Sa « famille », ces gens qui l’avaient accueillie sous leur toit, était réellement stupide. Bornés, étroits d’esprit - et même exigus -, inutiles. Lilian les avait toujours considérés comme des rebuts de la société, et elle n’en démordait pas. Ils ne lui avaient rien apporté, si ce n’est quelques dizaines de gifles, quelque centaines de coups en tous genre, quelques milliers de phrase peu agréables…
    Lisa voulait de la souffrance? Elle allait être déçue.
    Dans son passé, Lilian avait nagé dans une mare croupissante de stupidité.

    Quand à sa véritable famille… Si elle voulait savoir, elle n’avait qu’a fouiller, comme elle le faisait si bien.
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